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Brexit ou l’urgence de fonder l’Europe de la coopération


Le Kremlin-Bicêtre, le 24 juin 2016

Communiqué de presse n°8

Brexit ou l’urgence de fonder l’Europe de la coopération

Le peuple britannique est le premier à avoir choisi, jeudi 25 juin, de sortir l’Union européenne (UE). Ce choix courageux mérite d’être salué. Il témoigne d’un profond désaveu concernant le fonctionnement de l’UE et les objectifs qu’elle poursuit.

La panique est surtout...médiatique

Les analystes promettaient les pires maux au lendemain des résultats du référendum dans l’hypothèse d’un Brexit. Les « investisseurs », sous entendu les spéculateurs, ont horreur de l’incertitude clamaient doctement les économistes en herbe dont ceux de BFM-TV(1) . Or, le Brexit est par essence un saut dans l’inconnu, synonyme des pires désordres renchérissaient-ils. Mais qu’a t-on observé au lendemain du référendum ? Aucun cataclysme, évidemment. Juste une baisse de quelques points des principaux indices européens. Ainsi le CAC40 a perdu un peu plus de 8 % ; ce qui annule la hausse... des 3 jours précédents ! Vraiment pas de quoi crier au drame ! Quant à la livre sterling, elle a bien connu une dépréciation mais comme son taux de change était particulièrement élevé, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle pour l’économie britannique dont les exportations vont pouvoir être dopées.

Le scénario de la peur et des médias nauséabonds

Le message délivré par les médias français est édifiant et témoigne de l’urgence absolue de réformer le système médiatique afin de garantir une information impartiale ainsi que de qualité. Ce message affirme en substance que les pro-Brexit sont une horde de crétins ayant voté en toute ignorance et à qui il faudrait donner une chance de se racheter en votant de nouveau (2).

Mais à défaut de pouvoir justifier cette position par des perturbations significatives à court terme, les analystes ont donc dû se rabattre sur le long terme. C’est ainsi que ne cessent de défiler sur les chaînes d’informations des experts promettant des temps très difficiles pour les insoumis britanniques. Les scénarios sont cataclysmiques : perte de 10 % du PIB, une fuite massive des entreprises, une récession hors du commun liée à une baisse de revenu de 5000 euros par habitant, isolement de la Grande-Bretagne, etc. Naturellement, ces discours s’apparentent plus au récit biblique des dix plaies d’Égypte, visant à dissuader les peuples européens d’imiter l’exemple britannique, plutôt qu’à un examen sérieux de la situation (3).

Quel avenir pour la Grande-Bretagne ?

Rappelons d’abord que dans une économie, la plupart des échanges sont réalisés dans un environnement géographiquement proche. Impossible pour les citoyens britanniques de retirer leurs livres sterling à Paris ou Madrid. Par conséquent, les banques sont dans l’obligation de conserver leurs succursales et de nombreuses agences sur le sol britannique. Il en va ainsi pour toutes les activités de services qui représentent 75 % du PIB britannique et 80 % des emplois. Très difficile également de déménager les infrastructures et des activités lourdes.

Seule une fraction extrêmement réduite des activités sera donc éventuellement délocalisée à la suite du Brexit et une petite proportion des biens verra probablement son prix augmenter. De quoi pousser le gouvernement à remettre en œuvre une industrie pour les produire à meilleur prix. En ce sens, le Brexit annonce une renaissance de l’industrie britannique et de plusieurs activités dont la production était jusqu’à présent laissée aux bons soins de firmes étrangères. Certes cela prendra un peu de temps mais le jeu en vaut la chandelle.

La reconquête de la souveraineté : une condition à la planification économique

L’UE est avant tout une construction visant à dépouiller les nations de leur faculté à conduire une autre politique que celle d’inspiration libérale en leur imposant de multiples contraintes : politique agricole commune, politique régionale de l’UE, ouverture des marchés publics et procédures d’appels d’offre pour les investissements publics, harmonisation des normes européennes, libre circulation des travailleurs, libéralisation des services de transport, politique de la concurrence, contrôle des fusions entre entreprises et les règles relatives aux aides de l’État, etc.

Le choix des Britanniques rappelle que l’UE n’est pas une fatalité. Il rappelle qu’il est possible d’aspirer à retrouver une orientation choisie du développement en restaurant une souveraineté des peuples sur les politiques économiques.

C’est la raison pour laquelle l’association Nouvelle Planification Républicaine est partisane d’une refondation complète de l’UE. Une refondation sur la base d’institutions démocratiques qui aspirent à mettre en œuvre une politique économique planifiée de long terme porteuse de progrès social et axée sur la coordination plutôt que sur la mise en concurrence.

Le Conseil d'Administration

(1) Encore une trouvaille totalement absurde, reprise savamment par le bon Nicolas Doze, car les spéculateurs prospèrent justement sur les incertitudes qui font osciller les cours de manière impromptue permettant ainsi à certains de réaliser des gains au détriment de ceux qui n’ont pas su anticiper la «-bonne-» évolution. Sans incertitude les comportements sont identiques et aucun gain n’est possible.

(2)_http://mobile.lemonde.fr/big-browser/article/2016/06/25/brexit-regret-des-britanniques-dechantent-et-regrettent-deja-d-avoir-vote-leave_4958123_4832693.html?xtref=acc_dir

(3) Curieusement les médias restent muets sur la pertinence de ces innombrables scénarios pro UE préférant remettre en cause le réalisme des discours des pro-Brexit.

#Communiqué #Brexit

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Nouvelle Planification Républicaine

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