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Les inepties libérales de BFM-TV et de Nicolas Doze


Le Kremlin-Bicêtre, le 8 mars 2016

Communiqué de presse n°6

Les inepties libérales de BFM-Télé et de son bonimenteur Nicolas Doze

La télévision a ceci d’extraordinaire qu’elle autorise n’importe qui à s’auto-qualifier de spécialiste et à débiter des sornettes à des heures de grande écoute. La « chronique éco » de BFM-Télé est l’une des émissions les plus caricaturales en analyses de pseudos experts, naturellement tous acquis aux bienfaits du libéralisme en tout cas de façon beaucoup plus unanime que la communauté des économistes. Dans la matinée du 7 mars, les téléspectateurs s’y sont vus, comme à l’accoutumée, administrer la science de Nicolas Doze avec en prime une charge supplémentaire contre l’État. Ne voilà-t-il pas que cet autoproclamé économiste s’autorise à dénoncer à l’emporte-pièce le rôle de l’État actionnaire dans les déboires actuels d’Électricité de France (EDF). On ne peut faire vision plus erronée.

EDF et l’État planificateur

Au cœur des trente glorieuses la stratégie d’EDF s’appuyait sur une vision globale de l’évolution de l’économie déterminée par le commissariat général au plan et sa tête pensante, le CEPREMAP. L’État planificateur assignait alors un objectif clair à EDF : être en mesure de doubler la production d’électricité tous les dix ans. Dans ce contexte, le rôle d’EDF était d’opter pour des choix d’investissement qui permettent d’atteindre l’objectif qui lui était fixé en respectant cependant diverses contraintes (préservation du littoral, etc.). Pour ce faire, son service de recherche opérationnelle, chercha une méthode accordant la plus grande marge possible de liberté aux responsables régionaux. Ceci donna lieu aux méthodes de séparabilité et des modèles élargis exposés à travers plusieurs publications par Francis BESSIERRE et Éric SAUTTER. Si ces modèles sont mathématiquement complexes, leur principe est aisément accessible à l’intuition. L’idée, en accordant une autonomie importante à chaque responsable local en matière d’investissement, est de diversifier les choix de production en fonction des atouts régionaux. Si cette diversification obère d’éventuelles économies d’échelle, elle compense cette faiblesse par un choix optimal, celui le plus adapté au regard du secteur géographique.

EDF et le marasme libéral

Les années quatre-vingt, et plus surement quatre-vingt-dix, ont été marquées par le renoncement à une vue globale du développement économique, matérialisé par la décrépitude du commissariat général au plan. Désormais, avec le libéralisme triomphant, EDF doit se débrouiller pour anticiper l’évolution des besoins. Et comme les investissements à consacrer sont colossaux, mieux vaut ne pas se tromper. Naturellement, le meilleur moyen d’éviter de se tromper est de ne pas trop anticiper et d’attendre d’observer des tensions sur le marché de l’énergie (insuffisance de l’offre). Cette stratégie pose au moins deux problèmes de taille :

  1. Les investissements énergétiques prenant du temps, ils obligent en attendant à bidouiller avec l’existant, pour réduire les tensions, quitte à prolonger la durée de vie des matériels (centrales nucléaires notamment) au-delà du raisonnable.

  2. Les investissements n’étant pas planifiés et s’effectuant dans l’urgence ils n’interviennent pas au moment le plus opportun et de façon la plus optimale.

Conclusion

La situation actuelle d’EDF n’a donc rien à voir avec une défaillance de l’État dans la gestion de l’entreprise. Au contraire, EDF souffre d’un manque d’État et d’une capacité à s’inscrire dans une évolution pensée et réfléchie du développement. Le libéralisme, et son sens exclusif du court terme, est le mal dont souffre EDF. Mais c’est bien là aussi celui dont est affligée la presse française : peu d’information et beaucoup de propagande libérale.

Le Conseil d'Administration

#Communiqué #EDF #ÉlectricitédeFrance #NicolasDoze #BFMTV #FrancisBESSIERRE #ÉricSAUTTER

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