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L’erreur de la baisse du « coût » du travail


Pour certains, une hausse de la compétitivité exige une baisse du coût du travail. On ne peut faire plus erroné.

Réduire le coût du travail, en baissant par exemple la part patronale des cotisations sociales, afin de diminuer les prix et gagner internationalement en compétitivité. On peut déjà douter du bien fondé de cette stratégie. Il y a, en effet, fort à parier que les firmes étrangères ne resteront pas inertes face aux gains de compétitivité de nos entreprises. Elles réduiront aussi – d’une manière ou d’une autre – leurs coûts salariaux. On en reviendra alors à la situation initiale.

Seules les prestations sociales auront diminué faute de cotisation et, en conséquence, la demande nationale, amputée des revenus du transfert, ce sera affaissée. Combien même la baisse du coût du travail permettrait de gagner des marchés supplémentaires à l’étranger, les effets bénéfiques pour l’économie seront plus qu’annihilées par un effondrement du marché intérieur.

La plupart du temps, les difficultés des entreprises résultent d’un mauvais dimensionnement des capacités de production. En bien des circonstances, faute d’une demande suffisante, les entreprises fournissent une production inférieure à leur capacité normale. Elles doivent alors augmenter leurs prix pour compenser un volume de recettes insuffisantes et, ce faisant, subissent une perte de compétitivité. En d’autres occasions, la production excède la demande. Dans ce cas les firmes subissent des pertes qu’elles devront compenser par la suite, y compris en augmentant les prix. Parfois, la situation est opposée. La production, d’un secteur, est insuffisante pour satisfaire la demande. Des économies d’échelle, qui auraient permis de baisser les prix et de gagner en compétitivité, ne sont pas réalisées. Quelque soit la configuration, le mal réside dans une lutte concurrentielle acharnée, génératrice de pertes énormes.

L’incertitude inhérente à la concurrence est la source d’un mauvais dimensionnement de l’appareil productif et, in fine, d’inefficacité. Ce n’est donc pas en comprimant le coût du travail que l’on restaure la compétitivité mais en établissant un système planification capable de faire régresser l’incertitude en fixant, d’une part,des objectifs communs de développement économique et, d’autre part, en coordonnant l’effort des entités productives pour atteindre ces buts.

#Communiqué

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Nouvelle Planification Républicaine

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